Et si le problème n’était pas l’émotion ?
Beaucoup de personnes viennent me consulter parce qu’elles ont le sentiment d’être submergées par leurs émotions.
Elles me disent :
- «Je suis trop sensible»
- «Je pleure pour rien»
- «Je n’arrive plus à gérer mes émotions»
- «J’aimerais arrêter de ressentir tout ça»
Pourtant, le problème n’est généralement pas l’émotion elle-même.
Le problème apparaît lorsque l’émotion ne peut plus suivre son cycle naturel.
Lorsque les émotions s’accumulent sans pouvoir être exprimées, elles peuvent contribuer au stress chronique, à la charge mentale et parfois même à l’épuisement émotionnel.
Une émotion n’est pas faite pour rester
J’explique souvent en séance qu’une émotion est comparable à une vague.
Elle apparaît, monte en intensité, transmet une information puis redescend naturellement.
Son rôle est de nous informer sur ce que nous vivons.
Lorsqu’elle peut aller jusqu’au bout de son cycle, elle laisse ensuite place à un retour à l’équilibre.
Les 4 étapes naturelles d’une émotion
1. La charge
Quelque chose nous touche, que j’appelle l’événement déclencheur.
Une remarque, une situation professionnelle, un conflit, une déception ou un événement inattendu.
L’émotion commence à se charger.
2. La réaction
Le corps réagit immédiatement.
La respiration change.
Le rythme cardiaque s’accélère.
Les muscles se tendent.
Nous ressentons l’émotion.
3. La décharge
C’est l’étape que nous avons souvent appris à éviter.
Pleurer.
Parler.
Exprimer.
Bouger.
Respirer.
Accueillir ce qui est là.
Pourtant, c’est cette décharge qui permet à l’émotion de terminer son travail.
4. Le retour à l’équilibre
Lorsque l’émotion a été entendue, le système nerveux retrouve progressivement son équilibre.
L’émotion a rempli sa fonction.
Quand l’émotion ne peut pas se décharger
Très souvent, nous entendons :
- «Ne pleure pas»
- «Ne te mets pas en colère»
- «Sois fort(e)»
- «Passe à autre chose»
Nous apprenons alors à retenir.
À contenir.
À repousser.
L’émotion ne disparaît pas pour autant.
Elle reste présente en arrière-plan.
Et lorsqu’elle s’accumule, elle finit parfois par s’installer durablement.
C’est là que peuvent apparaître certains sentiments.
Les sentiments : quand les émotions s’installent
J’explique souvent à mes clients qu’un sentiment est comme une émotion qui n’a jamais vraiment pu terminer son cycle.
Une tristesse non exprimée peut devenir un découragement durable.
Une peur répétée peut devenir une anxiété permanente, voir une angoisse.
Une colère retenue peut se transformer en rancœur et peut consumer de l’intérieur.
Le corps, le coeur et le mental continuent alors à porter ce qui n’a jamais été complètement déchargé.
Les émotions que je retrouve le plus souvent en accompagnement
Chez les personnes en stress chronique, surcharge mentale ou burn-out, trois émotions reviennent presque systématiquement.
La tristesse
La tristesse apparaît souvent lorsque nous avons perdu quelque chose.
Un équilibre.
Une énergie.
Une confiance.
Un projet.
Elle invite à ralentir et à accepter ce qui est.
Une tristesse qui s’installe durablement peut parfois amener certaines personnes à se demander si elles traversent un simple épuisement ou une difficulté plus profonde. Découvrez mon article : Burn-out ou dépression : comment faire la différence ?
La peur
La peur est extrêmement présente dans les situations d’épuisement.
Mais il est important de distinguer plusieurs niveaux.
L’appréhension :
«Et si cela se passait mal ?»
L’anxiété :
«Je m’inquiète en permanence de ce qui pourrait arriver»
L’angoisse :
Le corps lui-même se sent en danger.
La peur n’est plus seulement dans les pensées.
Elle envahit l’organisme.
Lorsque la peur reste constamment active, elle peut conduire à un état d‘hypervigilance dans lequel le corps et le mental restent en alerte permanente.
La colère
La colère est probablement l’émotion la plus mal comprise.
Pourtant, elle nous indique souvent qu’une limite a été franchie.
Que quelque chose n’est plus acceptable.
Que nous avons besoin de changement.
Chez les personnes en surcharge ou en épuisement, la colère est souvent l’un des premiers signaux indiquant que certaines limites personnelles ont été dépassées. On retrouve fréquemment ce mécanisme chez les personnes présentant les signes du burn-out.
Et puis arrive souvent la culpabilité
Chez les personnes en burn-out, la culpabilité est presque toujours présente.
Elles culpabilisent de ralentir.
De dire non.
De ne plus réussir à faire autant qu’avant.
De penser à elles.
Cette culpabilité les pousse souvent à continuer alors même que leur corps demande du repos.
C’est l’une des raisons pour lesquelles l’épuisement peut s’aggraver.
Comment la sophrologie aide à mieux vivre ses émotions ?
La sophrologie ne cherche pas à supprimer les émotions.
Elle aide à les écouter avant qu’elles ne deviennent envahissantes.
Grâce à la respiration, à la détente corporelle et à la visualisation, il devient possible de :
- reconnaître ce qui est présent
- accueillir les émotions avec plus de douceur
- relâcher les tensions associées
- retrouver progressivement un état d’équilibre
Car une émotion n’est pas là pour nous faire souffrir.
Elle est là pour nous transmettre un message.
Et parfois, retrouver un mieux-être commence simplement par apprendre à l’écouter.
La sophrologie aide à retrouver un meilleur équilibre émotionnel grâce à des outils simples de respiration et de relaxation. Ces pratiques sont également utilisées dans l’accompagnement du stress chronique et des troubles du sommeil.
FAQ
Est-il normal de ressentir plusieurs émotions en même temps ?
Oui. Une même situation peut faire émerger plusieurs émotions simultanément.
Quelle différence entre une émotion et un sentiment ?
L’émotion est généralement brève et liée à un événement. Le sentiment s’installe davantage dans la durée et résulte souvent d’émotions répétées ou non exprimées.
Pourquoi la culpabilité est-elle fréquente dans le burn-out ?
Parce que de nombreuses personnes concernées ont tendance à se mettre une forte pression et à faire passer les besoins des autres avant les leurs.
La sophrologie peut-elle aider à gérer les émotions ?
Oui. Elle permet d’apprendre à reconnaître, accueillir et réguler les émotions de manière plus sereine.
Quel est le lien entre émotions et burn-out ?
Les émotions non exprimées ou accumulées sur une longue période peuvent participer à l’épuisement émotionnel. Elles s’ajoutent souvent au stress chronique et à la charge mentale, deux facteurs fréquemment retrouvés dans le burn-out.