«Je suis stressée tout le temps»
«Je n’arrive plus à gérer»
Ce sont deux phrases que j’entends très régulièrement lorsque l’on m’appelle pour prendre rendez-vous
Et souvent, une troisième arrive juste derrière :
«Pourtant, avant, j’arrivais à gérer»
C’est justement cette phrase qui m’interpelle
Parce que la personne ne vient pas forcément me voir après un événement spectaculaire. Elle travaille encore, s’occupe de sa famille, gère ses responsabilités, répond aux sollicitations et continue, en apparence, à faire tout ce qu’elle faisait auparavant.
Mais quelque chose a changé.
Un imprévu devient difficile à supporter. Une remarque prend des proportions inhabituelles. Le bruit agace davantage. Les émotions débordent plus facilement. Le soir, le corps est fatigué mais le cerveau, lui, continue.
Et parfois cette sensation est présente dès le réveil : la journée n’a pas encore commencé que la tension est déjà là.
Si vous vous reconnaissez dans ces quelques lignes, cet article est justement fait pour vous.
Être stressé(e) de temps en temps est normal. Être constamment sous tension est différent
Le stress n’est pas, en lui-même, quelque chose d’anormal.
C’est une réaction naturelle d’adaptation de notre organisme.
Face à une difficulté, une pression, un imprévu ou une situation perçue comme menaçante, le corps se prépare à réagir. Le rythme cardiaque peut s’accélérer, la respiration se modifier, les muscles se contracter et l’attention devenir plus importante.
Cette mobilisation peut être utile.
Le problème n’est donc pas d’avoir du stress.
Le problème commence lorsque l’organisme est sollicité encore et encore sans disposer de suffisamment de temps pour récupérer.
Les journées s’enchaînent. Les responsabilités s’accumulent. Le mental anticipe ce qu’il reste à faire. Une difficulté est à peine terminée qu’une autre prend sa place.
Progressivement, les moments pendant lesquels vous vous sentez véritablement détendu(e) deviennent plus rares.
C’est cette installation dans le temps qui peut faire évoluer un stress ponctuel vers un stress chronique.
👉 À lire également : Stress chronique : quels impacts sur le corps et le mental ?
«Je n’arrive plus à gérer» : quand des choses ordinaires commencent à devenir difficiles
C’est probablement l’une des phrases que j’entends le plus au premier contact.
Et elle est importante.
Parce qu’il ne s’agit pas toujours d’avoir davantage de choses à gérer qu’auparavant.
Parfois, c’est la capacité à les absorber qui a changé.
Imaginez un verre que l’on remplit progressivement.
- Une contrariété
- Une mauvaise nuit
- Une semaine chargée
- Une inquiétude
- Un problème professionnel
- Des responsabilités familiales
- Des pensées qui tournent
- Une nouvelle mauvaise nuit
- Puis arrive une petite chose supplémentaire … encore …
Objectivement, elle n’est peut-être pas très importante.
Pourtant, c’est elle qui fait déborder le vase
C’est ainsi que certaines personnes se retrouvent à pleurer pour une remarque qu’elles auraient autrefois relativisée, à s’énerver pour un détail ou à se sentir complètement dépassées par une tâche pourtant habituelle.
Et elles finissent parfois par s’en vouloir :
«Mais pourquoi je réagis comme ça ?»
Ce n’est pas nécessairement cette dernière situation qui explique votre réaction.
Elle arrive simplement sur un organisme et un mental qui sont déjà sollicités depuis longtemps.
Quels sont les signes d’un niveau de stress devenu trop important ?
Le stress ne se manifeste pas de la même manière chez tout le monde.
Chez certaines personnes, je retrouve surtout des manifestations physiques. Chez d’autres, c’est le mental qui devient envahissant. Très souvent, les deux finissent par se rejoindre.
Le mental ne s’arrête plus vraiment
- Vous pensez constamment à ce que vous devez faire
- Vous préparez mentalement la journée du lendemain
- Vous rejouez une conversation
- Vous imaginez différents scénarios
- Vous essayez d’anticiper les problèmes pour éviter d’être pris(e) au dépourvu
Même lorsque vous pourriez vous reposer, une partie de vous reste occupée à penser.
Vous êtes physiquement quelque part… mais mentalement déjà ailleurs.
Votre corps reste sous tension
Le stress peut également se manifester physiquement :
- épaules ou nuque tendues
- mâchoire serrée
- boule au ventre
- oppression
- respiration plus courte
- accélération du rythme cardiaque
- tensions ou inconforts digestifs
- sensation d’agitation intérieure
Lorsque ces manifestations apparaissent pour la première fois, deviennent importantes ou vous inquiètent, il reste bien sûr essentiel d’en parler à votre médecin afin d’écarter une cause médicale.
Vous devenez plus irritable ou plus sensible
- Le bruit vous dérange davantage
- Les sollicitations deviennent fatigantes
- Vous avez moins de patience
- Une remarque vous atteint plus qu’avant
- Un changement de programme peut vous déstabiliser
Et parfois, vous avez simplement envie que plus personne ne vous demande rien.
Vous êtes fatigué(e)… mais vous n’arrivez pas à vous arrêter
C’est un paradoxe que je retrouve régulièrement.
Le corps réclame du repos.
Mais lorsque la personne essaie enfin de s’arrêter, le mental continue:
- Elle s’assoit et pense à ce qu’elle devrait être en train de faire
- Elle se couche et réfléchit
- Elle part en week-end et met parfois une journée entière avant de commencer réellement à relâcher
Et le dimanche soir, l’anticipation du lundi recommence déjà….
Pourquoi mon corps n’arrive-t-il plus à redescendre ?
Notre organisme possède des mécanismes permettant de nous mobiliser face aux situations stressantes mais également de revenir progressivement vers davantage de calme et de récupération.
Le système nerveux autonome participe notamment à cette régulation.
Lorsque nous sommes confrontés à une situation nécessitant une réaction, notre organisme augmente son niveau d’activation. Lorsque la situation est passée, il devrait progressivement pouvoir retrouver un fonctionnement davantage orienté vers le repos et la récupération.
L’objectif n’est donc pas de ne plus jamais ressentir de stress. Ce serait irréaliste.
Ce qui est important, c’est de conserver cette capacité à :
monter en activation lorsque la situation le nécessite → puis redescendre lorsqu’elle est terminée.
Or, lorsque les sollicitations deviennent permanentes ou que le mental continue à anticiper en dehors des périodes de pression, cette redescente peut devenir plus difficile.
C’est alors que certaines personnes me disent :
«Même quand je n’ai rien à faire, je n’arrive pas à me détendre»
Stress, anxiété, angoisses : quand tout commence à se mélanger
Lorsque cet état de tension perdure, il peut parfois s’accompagner d’une anxiété plus importante.
Le mental ne réagit plus seulement à ce qui se passe maintenant.
Il commence à anticiper ce qui pourrait arriver.
«Et si je n’y arrive pas ?»
«Et si ça se passe mal ?»
«Comment vais-je réussir à tout faire ?»
«Et si je fais une erreur ?»
Chez certaines personnes, cette activation devient également très physique avec une sensation d’oppression, une boule au ventre, des palpitations ou des montées d’angoisse.
Le stress, l’anxiété et l’angoisse ne sont pourtant pas exactement la même chose.
Je ne vais volontairement pas développer davantage cette distinction ici puisque je lui ai consacré un article complet.
👉 À lire : Peur, appréhension, anxiété et angoisse : quelles différences ?
«Je suis stressée tout le temps» : c’est souvent comme cela que commence notre premier échange
Lorsque l’on m’appelle, les personnes n’utilisent pas forcément les mots «stress chronique», «hypervigilance» ou «surcharge émotionnelle»
Et heureusement.
Elles me racontent simplement ce qu’elles vivent.
«Je suis stressée tout le temps»
«Je n’arrive plus à gérer»
«Je n’arrive plus à dormir»
Certaines me disent qu’elles ne se reconnaissent plus.
D’autres ont l’impression d’avoir essayé beaucoup de choses : prendre sur elles, relativiser, se raisonner, attendre les vacances, essayer de dormir davantage…
Elles ont tenu.
Puis elles ont continué à tenir.
Et progressivement, elles sentent que leur façon habituelle de fonctionner ne suffit plus.
C’est souvent à ce stade que je vois arriver les personnes dans mon cabinet.
Pas nécessairement parce qu’elles sont en burn-out.
Mais parce que quelque chose en elles commence à dire :
«Je ne peux plus continuer comme ça»
J’accompagne régulièrement au cabinet des personnes confrontées à un niveau de stress important, à l’anxiété, aux angoisses, aux ruminations et à cette sensation d’être constamment sous tension.
Et je trouve particulièrement important de pouvoir intervenir avant que l’épuisement ne devienne trop important.
Être toujours stressé(e) signifie-t-il que vous allez faire un burn-out ?
Non. Être très stressé(e) ne signifie pas que vous allez nécessairement faire un burn-out.
C’est une distinction importante.
En revanche, lorsqu’un stress important devient chronique et que les périodes de récupération deviennent insuffisantes, l’organisme peut progressivement s’épuiser :
- La fatigue devient plus présente
- Le sommeil récupère moins
- La concentration devient plus difficile
- Les émotions deviennent plus difficiles à réguler
- La motivation peut commencer à diminuer
- Le sentiment de ne plus pouvoir faire face s’installe
C’est pour cette raison que j’accorde beaucoup d’importance à la prévention.
Il ne s’agit pas de vivre dans la peur du burn-out.
Il s’agit plutôt d’apprendre à reconnaître suffisamment tôt les signaux qui indiquent que votre fonctionnement actuel vous coûte de plus en plus d’énergie.
👉 À lire : Prévenir le burn-out : agir avant l’épuisement
👉 À lire également : Reconnaître les signes du burn-out
Faut-il attendre d’aller vraiment mal pour demander de l’aide ?
C’est probablement l’une des choses que j’aimerais le plus faire évoluer
Cette idée selon laquelle il faudrait être au bout du rouleau pour avoir « une bonne raison » de demander de l’aide
Vous n’avez pas besoin d’attendre de ne plus pouvoir aller travailler
Vous n’avez pas besoin d’attendre de ne plus dormir
Vous n’avez pas besoin d’attendre que votre corps vous oblige à vous arrêter
Le fait de sentir que vous ne parvenez plus à gérer comme auparavant est déjà une information importante.
Mon travail ne consiste pas à vous apprendre à supporter toujours plus de pression
Il consiste à vous accompagner pour comprendre ce qui entretient cet état, reconnaître vos propres signaux et retrouver progressivement davantage de régulation et de récupération.
Selon les besoins, j’utilise notamment la sophrologie, mais également d’autres outils complémentaires dans mes accompagnements
Nous pouvons travailler sur les tensions physiques, la respiration, les pensées envahissantes, les émotions, la récupération et progressivement sur votre capacité à retrouver un état intérieur plus apaisé.
Comment commencer à faire redescendre la pression ?
Avant même d’entreprendre un accompagnement, il existe des choses simples que vous pouvez commencer à observer.
- À quels moments votre tension augmente-t-elle ?
- Existe-t-il encore des moments dans votre journée pendant lesquels vous vous sentez réellement détendu(e) ?
- Votre corps est-il capable de relâcher lorsqu’une situation stressante est terminée ?
- Votre respiration change-t-elle lorsque vous êtes sous pression ?
- Vous autorisez-vous de véritables moments de récupération ou utilisez-vous ces moments pour faire autre chose ?
Observer ces mécanismes permet déjà de commencer à comprendre votre propre fonctionnement.
Et parmi les outils que l’on peut utiliser pour favoriser la régulation du stress, il y en a un particulièrement simple à intégrer au quotidien : LA RESPIRATION
La cohérence cardiaque : une première porte d’entrée pour réguler le stress
La cohérence cardiaque est une pratique respiratoire que j’aime proposer comme outil complémentaire parce qu’elle est simple, accessible et peut s’intégrer dans le quotidien.
Elle consiste notamment à adopter volontairement un rythme respiratoire régulier pendant quelques minutes.
Pratiquée régulièrement, elle peut participer à la régulation du stress et constituer un véritable rendez-vous de récupération dans la journée.
Mais je préfère être claire sur un point :
si vous vivez depuis plusieurs mois avec un niveau de stress très important, cinq minutes de respiration ne vont pas résoudre à elles seules tout ce qui entretient votre état.
La cohérence cardiaque est un outil.
Un excellent outil lorsqu’elle est correctement utilisée.
Mais parfois, il est également nécessaire de comprendre pourquoi le système reste autant sollicité et d’agir plus globalement.
👉 Je vous explique comment la pratiquer dans mon article : Cohérence cardiaque et stress – comment la pratiquer ?
Vous vous êtes reconnu(e) dans cet article ?
Vous êtes arrivé(e) sur cette page en vous demandant :
«Pourquoi suis-je tout le temps stressé(e) ?»
Et vous vous êtes peut-être reconnu(e) dans plusieurs situations que je viens de décrire
- Le mental qui ne s’arrête plus
- La sensation d’être constamment sous pression
- Les réactions qui deviennent disproportionnées
- Le corps qui reste tendu
- La fatigue
- L’impression de ne plus réussir à gérer comme avant
Vous n’avez pas besoin d’attendre que cela devienne encore plus difficile pour agir.
J’accompagne dans mon cabinet à Grenoble des adultes confrontés au stress, à l’anxiété, aux angoisses, à la surcharge émotionnelle et aux situations d’épuisement.
Si vous sentez que votre niveau de stress prend aujourd’hui trop de place dans votre vie, nous pouvons en parler lors d’un premier rendez-vous.
👉 Prendre rendez-vous avec Chrystèle Villard – Intro Vers Soi à Grenoble
FAQ – Toujours stressé(e) : vos questions
Pourquoi suis-je stressé(e) même lorsqu’il ne se passe rien ?
Après une période prolongée de stress, le corps et le mental peuvent conserver un niveau d’activation important même lorsque la situation immédiate ne présente pas de difficulté particulière. Les habitudes d’anticipation, les ruminations et l’accumulation de sollicitations peuvent également entretenir cette sensation de tension permanente.
Comment savoir si mon stress devient chronique ?
Un stress peut devenir préoccupant lorsqu’il s’installe dans la durée et que vous avez de plus en plus de difficultés à récupérer. Fatigue persistante, sommeil perturbé, tensions physiques, irritabilité, difficultés de concentration ou sensation d’être constamment sous pression peuvent notamment constituer des signaux à observer.
Quelle différence entre stress et anxiété ?
Le stress apparaît généralement en réaction à une situation ou une pression identifiable. L’anxiété peut davantage être liée à l’anticipation d’une menace ou d’un événement qui pourrait survenir. Les deux peuvent néanmoins se retrouver simultanément. J’explique plus précisément ces différences dans mon article consacré à la peur, l’appréhension, l’anxiété et l’angoisse.
Le stress chronique peut-il conduire au burn-out ?
Le stress chronique ne conduit pas systématiquement au burn-out. Cependant, lorsqu’une personne reste durablement soumise à une forte pression sans récupération suffisante, le risque d’épuisement peut augmenter. C’est pourquoi il est important de reconnaître les signaux suffisamment tôt.
La sophrologie peut-elle aider lorsque je suis toujours stressé(e) ?
La sophrologie peut être utilisée comme approche complémentaire pour travailler notamment sur la respiration, les tensions corporelles, la récupération, les émotions et la manière dont une personne réagit aux situations stressantes. L’accompagnement est adapté à la situation et aux besoins de chacun.
Quand consulter lorsque le stress devient trop important ?
Lorsque le stress devient envahissant, s’installe durablement, affecte votre sommeil, votre quotidien, votre travail ou votre qualité de vie, il est important de ne pas le banaliser. Un médecin pourra également rechercher d’éventuelles causes médicales et vous orienter si nécessaire. En cas de symptômes physiques inhabituels, importants ou soudains, un avis médical est indispensable.